Thorium

Thorium

Le thorium est un métal radioactif qui a pris de l’intérêt après la catastrophe de Fukushima en 2011, et la décision prise par la Suisse de se passer de l’énergie nucléaire à base d’Uranium. Le thorium est en effet radioactif et fertile. Et il est 4 fois moins radioactif que l’Uranium.

A la différence de l’Uranium, qui ne contient que 0.7 % de l’isotope U-235 utilisable dans une centrale nucléaire, le Thorium peut être utilisé à plus de 99 % dans un réacteur nucléaire. Bombardé par des neutrons rapides, le Thorium-232 se transforme en quelques jours en Uranium-233, qui est fissile, comme l’Uranium-235. De plus le Thorium est beaucoup plus abondant sur la Terre que l’Uranium. Un réacteur à Thorium a toutefois plusieurs désavantages : d’abord il demande un accélérateur de protons pour créer les premiers neutrons, par collision de protons sur cible de plomb, processus dit de spallation, qui crée en moyenne 30 neutrons par atome touché. Autre désavantage : un tel réacteur exige un fluide caloporteur fait d’un alliage de plomb et de bismuth fondu. Sa mise au point industrielle n’est pas pour demain.

Le thorium a été découvert par le Suédois Berzélius dans un minerai de Norvège extrait en 1828, Son nom lui a été donné en souvenir du dieu scandinave Thor. C’est Marie Curie qui a découvert sa radioactivité, en 1898. Il est trois fois plus abondant et 4 fois moins radioactif que l’uranium.

On emploie le thorium sous forme d’oxyde pour en imbiber les manchons des lampes de camping au butagaz. Chauffé dans une telle flamme, cet oxyde donne une lumière très intense et très chaude, sans fondre, car son point de fusion est de 3300 °C, donc hors d’atteinte pour une flamme ordinaire. Mais aujourd’hui, on tend à remplacer l’oxyde de thorium dans cette application par l’oxyde d’yttrium, dont le rendement lumineux est un peu moins bon, mais qui n’est pas radioactif.

On utilise cette extraordinaire résistance thermique pour en faire des creusets réfractaires, dans lesquels on fond des métaux considérés comme infusibles, comme le molybdène, qui fond à 2600 °C.

Dans les années 1920 – 1930, on vendait aux USA une boisson dite Radithor, qui contenait du thorium et du radium, et qui était sensée améliorer la santé. C’est le contraire qui s’est produit. Malheureusement, le Thorium se fixe dans les os, qui deviennent radioactifs et le restent à vie. Les malheureux patients qui en consommaient voyaient leurs os rongés par les conséquences de l’irradiation in vivo, et finalement décéder du cancer des os, car le Thorium est cancérigène.

Modifié le: jeudi 14 avril 2016, 10:31