Rhénium

Rhénium

Le rhénium est un métal extrêmement rare. C’est même le dernier élément stable (non radioactif) découvert sur la Terre. Il a été découvert en 1925 par Noddack, qui l’a nommé Rhénium d’après le nom du fleuve Rhin, au bord duquel il travaillait.

Le rhénium est un sous-produit de l’industrie d’extraction du molybdène qui est lui-même extrait des mines de cuivre du Chili et du Kazakhstan. 660 kg de molybdénite ne contient que 1 kg de rhénium.

On l’utilise surtout dans l’industrie aéronautique et spatiale, en raison de ses caractéristiques de résistance exceptionnelle à la chaleur et à la corrosion oxydante, Il ne fond qu’à 3180 °C. Il n’y a guère que le tungstène, son voisin de la table périodique, qui fonde à plus haute température que lui. La production mondiale de rhénium ne s’élève qu’à 7 tonnes par an. Il vaut environ 10 $ le gramme, ce qui est comparable aux prix d’autres métaux rares comme l’iridium, le palladium ou le ruthénium. Comme il n’est produit qu’en faibles quantités, la banque de France envisage de le considérer comme un métal précieux au même titre que l’or et de la stocker dans ses coffres.

On l’utilise en alliage avec le platine comme catalyseur dans le cracking et le reforming du pétrole. Il permet de produire des essences de haut indice d’octane.

Chimiquement parlant, le Rhénium a la propriété étrange de brûler s’il est en poudre fine, pour former un heptoxyde Re2O7, qui est relativement volatile, car il sublime à 450 °C. Ce même oxyde se forme en brûlant le sulfure de molybdène lorsqu’on cherche à extraire ce métal de son minerai.  L’heptoxyde de rhénium se dégage et se mélange aux poussières issues de cette opération. C’est de là qu’on l’extrait, en réduisant l’oxyde par l’hydrogène à haute température.

Une autre propriété chimique exceptionnelle du rhénium est le fait qu’il peut exister dans des molécules ou des ions avec 9 degrés d’oxydation différents, de -1 à +7, ce qui en fait un record absolu parmi tous les éléments de la table périodique. Par contre on ne connaît que les quatre oxydes dont les degrés d’oxydation vont de 4 à 7. Il ressemble en cela au manganèse, qui est dans la même colonne que lui dans la table périodique, et qui peut se présenter dans presque autant de degrés d’oxydation que le Rhénium.

Modifié le: jeudi 14 avril 2016, 08:20