Radium

Radium

Le nom et l’histoire du radium est indissociable de celui de Marie Curie, qui l’a découvert et isolé en 1898 dans un minerai d’uranium appelé pechblende. En traitant 7 tonnes de ce minerai par différents réactifs successivement, elle est parvenue à éliminer l’un après l’autre tous les autres éléments connus à l’époque, pour isoler à la fin 1 gramme de radium sous forme de chlorure RaCl2 pur. Mais le plus difficile a été de séparer le radium du baryum, car ces deux éléments ont les mêmes propriétés chimiques. Il a fallu qu’elle effectue des milliers de séries de recristallisations successives pour que le chlorure de baryum BaCl2 récolté s’enrichisse de plus en plus en chlorure de radium RaCl2, pour finir par ne donner que du RaCl2 pur. Il a fallu attendre 1910, pour qu’elle prépare un gramme de radium pur, par électrolyse du chlorure sur une cathode de mercure.

Le radium est un élément extrêmement radioactif, plusieurs millions de fois plus radioactif que l’uranium auquel il est toujours mélangé dans la nature. Un gramme de radium subit 37 milliards de désintégrations par seconde, et émet donc 37 milliards de rayons par seconde. Pendant tout le 20ème siècle, on mesurait l’activité des sources radioactives en les comparant à celle du radium. On a donné le nom de Curie à l’unité d’activité, et 1 Curie correspond à l’activité de 1 gramme de radium, donc à 37 milliards de désintégrations par seconde. Aujourd’hui, le Curie a été remplacé par le Becquerel, qui correspond à 1 désintégration par seconde.

Le radium a les mêmes propriétés chimiques que le baryum. Il forme des sels blancs, de même solubilité que ceux de baryum.

On a beaucoup utilisé le radium en curiethérapie, pour détruire le cellules cancéreuses. On fabriquait des ampoules qui contenant quelques milligrammes de radium, que l’on mettait au contact de la tumeur cancéreuse. Cette thérapie a été remplacée par l’emploi d’isotopes à courte durée de vie, dont l’emploi nécessite moins de précautions.

Le mélange de sulfate de radium RaSO4 et de sulfure de zinc ZnS donne une poudre qui est  spontanément lumineuse dans l’obscurité. On a longtemps utilisé ce mélange pour fabriquer des cadrans de montre visibles de nuit. Cette industrie a été abandonnée dans les années 1950, car on s’était aperçu que les ouvrières qui effectuaient ces dépôts absorbaient du radium qui s’accumulait dans leur organisme. Elles devenaient radioactives, et le restaient le reste de leur vie, ce qui fragilisait leur ossature. On a remplacé le radium par le tritium, qui ne s’accumule pas dans l’organisme.

 

 

 

 

Modifié le: jeudi 14 avril 2016, 08:16