Potassium

Potassium

Le mot Potassium vient de potasse. Et le mot potasse vient de l’anglais « pot ash », la cendre du pot, parce qu’on obtenait de la potasse en lavant les cendres de bois ayant servi à cuire de la poterie, et en évaporant ensuite la « lessive » ainsi obtenue. C’est l’Anglais Davy qui, en 1807, a le premier isolé l’élément potassium en électrolysant la potasse (hydroxyde KOH) fondue, et qui lui a donné son nom. Mais c’est Berzélius qui a créé et imposé le symbole K pour le potassium. Et pour se démarquer de son rival anglais, il a choisi l’initiale du mot kali, qui signifie cendre en arabe. Il semble qu’il ait hésité de choisir A, initiale de Asche, la cendre en allemand. Il faut noter que les Allemands appellent toujours Kalium cet élément que nous appelons Potassium.

Autrefois, les cendres de bois étaient des denrées précieuses, qui servaient d’engrais. Elles contiennent environ 40 % de carbonate de potassium K2CO3. Elles apportent au sol le potassium dont il a besoin si on veut que les récoltes soient abondantes. D’autre part, elles étaient utilisées comme produit de nettoyage : à une époque où le savon était un produit de luxe, nos arrière-grands-mères lavaient leur linge sale avec des cendres de potasse qu’elles répandaient sur les tissus sales avant de les frotter à la fontaine du village.

Aujourd’hui encore, le principal emploi du potassium est dans les engrais. Pour des raisons historiques, la teneur des engrais en K est toujours indiquée en % K2O, en supposant donc que tous les composés ont été transformés en oxyde K2O.

Le potassium est très abondant dans la nature sous forme de silicate, dans les roches comme le mica, le feldspath, le granit. On l’extrait des gisements où il est présent sous forme de chlorure KCl, comme il y en a à Stasfurt en Allemagne (Saxe), dans l’Oural. Une énorme mine de potasse vient d’être découverte à 1000 mètres de profondeur dans le Saskatchewan, au  Canada, etc. Les mines d’Alsace ferment, parce que trop peu rentables.

Le potassium est un métal brillant et mou, très léger (densité 0.86). Il réagit au contact de l’air en formant un superoxyde KO2 de couleur jaune. On doit donc conserver le potassium à l’abri de l’air, sous pétrole. Il est très dangereux de couper du potassium recouvert de KO2 au contact du pétrole, car le contact de ces trois substances sous la pression du couteau est explosif.

Le potassium réagit violemment avec l’eau en dégageant de la potasse caustique KOH et de l’hydrogène, lequel s’enflamme spontanément à l’air. La potasse caustique ou hydroxyde de potassium KOH réagit avec les huiles végétales en formant de la glycérine et un mélange de palmitate et d’oléate de potassium connu sous le nom de savon mou.

Le potassium est un constituant essentiel de la cellule vivante. Principal cation intracellulaire, il est nécessaire à la conduction de l’influx nerveux. Pour arrêter le cœur pendant les opérations à cœur ouvert, on remplace le sel sanguin NaCl par du chlorure de potassium KCl. Le cœur redémarre par l’opération inverse, donc en remplaçant le KCl par NaCl.

Le potassium a la propriété étonnante d’être naturellement radioactif. Notre organisme est donc irradié en permanence de l’intérieur à raison d’environ 4500 rayons par seconde.

Le nitrate de potassium KNO3 est un composé qui s’appelle aussi salpêtre (salus petrus), ou sel des pierres, car il forme des sortes d’efflorescences qui apparaissent à mi-hauteur des murs des écuries humides, d’où on le récoltait autrefois. Mélangé avec du charbon et du soufre, il forme la poudre noire, qui est la base des compositions pyrotechniques, et de la poudre à canon d’autrefois. Sous les rois de France, le succès de l’artillerie dépendait donc du nombre d’écuries où on pouvait récolter du salpêtre.

Modifié le: mercredi 13 avril 2016, 10:06