Holmium

Holmium

Voilà un métal rare, dont les emplois sont limités, et qui mérite juste d’être cité en Suisse parce qu’il aurait presque mérité de s’intituler Helvétium.

En fait, il fait partie de la grande famille des 14 éléments dits lanthanides (Z = 58 à 71) qui ont tous été découverts dans le même minerai. Et ce minerai provient d’une mine située près du village de Ytterby, non loin de Stockholm. Les premiers éléments dans cette mine ont reçu le nom du village d’Ytterby, d’où on a tronqué peu à peu les premières lettres. Cela a donné l’Ytterbium Yb (Z = 71), puis le Terbium (Z= 65) et l’Erbium (Z=68). Le suivant n’a pas pu être nommé Rbium. On l’a nommé Holmium d’après la ville voisine de Stockholm, qu’on a tronqué de la même manière. Et pourtant il aurait pu porter un nom plus helvétique, car ce sont les Genevois Delafontaine et Soret qui, analysant en 1878 le spectre de divers échantillons d’erbium, ont observé des raies inconnues dans les échantillons les moins purs. Mais c’est le Suédois Per Théodore Cleve qui, poursuivant ces travaux, isola le premier l’Holmium et le baptisa en 1879. Avec un peu de chance, cette isolation aurait pu être faite à Genève, et l’élément nouveau aurait peut-être reçu un nom à consonance helvétique.

L’Holmium est l’un des éléments les plus rares parmi les terres rares. On ne lui connaît que peu d’emplois.

On l’utilise comme élément dopant dans les lasers YAG (yttrium-aluminium-grenat) utilisés en chirurgie. Les impuretés d’Holmium créent des centres colorés qui emmagasinent de l’énergie lumineuse, qu’ils restituent ensuite sous forme d’impulsion laser.

On utilise aussi l’Holmium dans les réacteurs nucléaires comme absorbeur de neutrons.

Mais sa particularité la plus intéressante est d’avoir le plus haut moment magnétique de toutes les terres rares. Donc lorsqu’un morceau d’Holmium est placé près d’un aimant, ses atomes s’alignent et concentrent le champ en rapprochant les lignes de champ magnétique, ce qui élève l’intensité dudit champ. On obtient un aimant plus puissant. On utilise cette propriété en IRM. Les masses polaires d’un appareil IRM sont faites d’Holmium, grâce à quoi on crée un champ magnétique si intense qu’il aligne les atomes dans le corps à examiner, ce qui permet de les repérer et de mesurer leur spin nucléaire.

Les composés d’Holmium sont de couleur jaune. Le plus célèbre est le bromate d’holmium, Ho(BrO3)3, car c’est sous cette forme que P. Th. Cleve a prouvé l’existence de cet élément. Le métal pur n’a été isolé que beaucoup plus tard, dans le courant du 20ème siècle.

                                                                                             

Modifié le: mardi 12 avril 2016, 13:36