Francium

Francium

Le Francium est peut-être l’un des seuls éléments qu’on n’a jamais observé à l’état élémentaire, car sa durée de vie est trop courte, et il y en a trop peu sur Terre. Il n’en existe que 30 grammes sur toute la croûte terrestre. C’est un élément qui se forme de manière transitoire dans la désintégration spontanée de l’Actinium-227. Ce dernier atome émet un rayon alpha et se transforme an Francium-223, lequel n’existe que pendant 22 minutes avant d’émettre un rayon béta et se transformer en Radium-223, ou d’émettre un alpha et de se transformer en Astate. On n’a donc presque pas le temps de l’observer : sitôt isolé, il disparaît. Il a fallu tout le génie de son découvreur, Marguerite Perey, pour prouver son existence en le coprécipitant en 1939 avec le Césium sous forme de cristaux de chlorure double d’étain et de césium (mêlé de Francium), ou de perchlorate de césium (mêlé de Francium). Cette opération était la preuve que le Francium appartient à la famille des alcalins, comme le Sodium, le Potassium et le Césium. Mais c’est le plus lourd des alcalins.

Il a fallu attendre 1952 pour que la même Marguerite Perey puisse obtenir un échantillon de perchlorate de Francium pur, exempt de Césium, grâce à des techniques de séparation par chromatographie par échange d’ions. Mais il semble bien que le métal Francium n’a jamais été préparé à l’état pur.

Le Francium a été découvert à Paris dans un laboratoire de l’Institut Curie, par une assistante, Marguerite Perey. En accord avec sa patronne, Mme Irène Joliot-Curie, elle a donné le nom de Francium à l’atome qu’elle venait de découvrir, en l’honneur de sa patrie. La France avait déjà donné son nom à l’élément Gallium, découvert en 1875.

Avant d’être reconnu et isolé, le Francium était connu sous le nom d’Actinium-K, car il fait partie de la chaîne de désintégration de l’Actinium. De son côté, Mendeleiev en avait prévu l’existence et l’avait appelé Eka-césium.

Le Francium fut le dernier élément naturel à être découvert, après le Rhénium en 1925. Plusieurs éléments ont été découverts ultérieurement, mais ils sont tous artificiels. C’est l’élément le moins électronégatif de tous. Il possède, comme tous les alcalins, un électron unique dans sa couche extérieure. Ses sels ressemblent à ceux de Césium, qui est aussi un alcalin. Ils sont tous solubles dans l’eau, sauf le iodate, le perchlorate, le chloroplatinate et le silicotungstate. On ne lui connaît pas d’applications pratiques.

Modifié le: mardi 12 avril 2016, 11:49