Chrome

Chrome

Le nom « chrome » vient du grec « chromos » qui signifie « couleur ». Il lui a été donné par le chimiste français Nicolas Vauquelin qui l’a découvert en 1797 dans un minerai provenant de Sibérie et appelé crocoïte. Pourtant le chrome est un métal gris comme tous les métaux. Mais ce sont ses composés qui le sont, comme l’oxyde Cr2O3 qui est vert, ou les chromates qui sont jaunes et les dichromates rouge orangé.

Le chrome à l’état élémentaire n’a jamais été isolé avant 1855,  année où Bunsen a mis au point une pile assez puissante pour créer le fort courant nécessaire pour isoler ce métal par électrolyse. Et aujourd’hui encore, on le prépare toujours par électrolyse, à partir d’une solution d’acide chromique H2CrO4.

Le chrome est un métal qui résiste à l’action de l’air, de l’eau, de l’eau de mer et des bases. On met à profit cette propriété pour en revêtir les objets en fer que l’on veut protéger de la rouille, comme les pare-chocs de voiture. Il concurrence le nickel dans ce genre d’application.

Les alliages de chrome sont très utilisés. Les aciers inoxydables ou aciers inox sont des aciers très utilisés dans l’industrie alimentaire : le plus connu est le 18/8 qui a donc 18 % nickel et 8 % de chrome. Les fils de résistance électriques comme le nichrome ou le chromel sont aussi des alliages Ni – Cr.

Le métal chrome résiste aux acides nitrique et phosphorique, grâce à une fine pellicule d’oxyde insoluble qui se forme à sa surface. Par contre il est attaqué par l’acide chlorhydrique HCl, qui le transforme en chlorure de chrome(II) CrCl2, bleu pâle, avec dégagement d’hydrogène. A l’air ce chlorure de chrome(II) s’oxyde très vite en chlorure de chrome(III) CrCl3 vert.

Les sels de chrome(II) sont colorés, l’oxyde en jaune, le sulfate en bleu et l’acétate en rouge.  Ils réagissent si vivement avec l’oxygène de l’air qu’on les utilise pour capter et donc doser l’oxygène dans un mélange gazeux.

Les sels de chrome(III) forment deux séries : les sels violets et les sels verts. Les verts et les violets ont la même formule globale, mais leur constitution profonde varie. Ainsi le chlorure de chrome CrCl3·6H2O violet est capable de libérer ses 3 ions Cl- en solution, tandis que le chlorure vert n’en libère qu’un ; les deux autres sont intimement liés à l’atome de chrome, et forment ce qu’on appelle un complexe. Quant aux 6 molécules d’eau, elles sont toutes intimement liées au Chrome central dans le chlorure de chrome violet, tandis que seules 4 y sont fixées dans le chlorure de chrome vert. On constate donc qu’il y a toujours 6 molécules ou ions liés intimement à l’atome de Chrome central.

Le Chrome forme aussi des chromates jaunes, comme le chromate de potassium K2CrO4, où le chrome est au degré d’oxydation +6. On les utilise pour tanner les cuirs, et les rendre imputrescibles. Mais leur emploi tend à diminuer, depuis qu’on a découvert les propriétés cancérigènes et mutagènes du chrome (VI).

Modifié le: mardi 12 avril 2016, 10:21