Béryllium

Béryllium

Le béryllium Be est un élément peu abondant sur terre et peu utilisé. Il ne se trouve dans la nature que dans les pierres précieuses comme l’aigue-marine, le béryl et l’émeraude, qui sont des silicates de béryllium et d’aluminium Be3Al2Si6O18.

Le béryllium est un métal qui résiste bien à la corrosion et à l’oxydation, en se recouvrant d’une mince couche d’oxyde, comme le fait l’aluminium. On l’utilise dans l’énergie nucléaire, comme réflecteur et ralentisseur de neutrons, et il est transparent aux rayons X.

Le béryllium est un métal très cassant. Pour des applications pratiques, on l’utilise sous forme d’alliage avec le cuivre ou l’aluminium. On obtient un bronze de béryllium, dur, élastique et résistant à la corrosion, qui sert à fabriquer des pièces délicates soumises à de grandes fatigues : ressort de montres, composants des missiles.

L’oxyde de béryllium est souvent appelé glucine. Et autrefois, le béryllium lui-même était souvent appelé glucinium, en rapport avec le goût sucré que possèdent les solutions de ses sels : en grec glucos = sucre. Mais à part leur goût sucré, les sels de béryllium sont toxiques, et causent la bérylliose : toux, insuffisance respiratoire, fibrose pulmonaire. L’intoxication peut se produire par contact à travers la peau. Il est évident que les pierres précieuses d’où on l’extrait ne sont pas toxiques, puisqu’elles sont insolubles dans l’eau.

Le bronze de béryllium se fabrique en chauffant de la glucine, du charbon, et du cuivre à 2000 °C. Si on veut obtenir le béryllium pur, il faut électrolyser le chlorure BeCl2 avec une anode de béryllium impur.

L’atome de béryllium jouit d’une propriété unique et inexpliquée à ce jour. C’est que son noyau possède 4 protons et 5 neutrons. Or on sait que la nature favorise toujours les noyaux ayant un nombre pair de protons et/ou de neutrons. Logiquement le béryllium devrait au moins posséder un isotope à 4 protons et 4 neutrons. Hélas non seulement ce noyau à 4 neutrons est instable, mais on peut affirmer qu’il n’existe pas, même pendant un milliardième de seconde. Si on essaie de le fabriquer, il éclate en deux noyaux d’hélium. Pourtant, il aurait tout pour être stable, avec son double doublet de neutrons et de protons.

Modifié le: mardi 6 août 2013, 08:36