Arsenic

Arsenic

Voici un élément qui est le symbole par excellence de la toxicité et de la mort. L’élément et tous ses composés sont toxiques. La poudre connue sous le nom de « mort-aux-rats » est de l’arséniate de cuivre. La Marquise de Brinvillliers a empoisonné ses maris successifs à l’arsenic, avant de finir sur l’échafaud à Paris en 1676. Déjà dans l’Antiquité, le roi Mithridate avait si peur que ses proches l’empoisonnent à l’arsenic, qu’il avait résolu d’en absorber des quantités toujours croissantes, dans le but que son organisme s’y habitue. On ne sait s’il y est parvenu, car il est mort à la guerre peu après.

On sait par contre qu’au 19ème siècle, de nombreuses jeunes filles tombées enceintes, se sont suicidées à l’arsenic en absorbant de la mort-aux-rats. Hélas, la mort survient au bout de 72 heures d’une agonie épouvantable, car l’ensemble des organes se décomposent lentement de l’intérieur, sans qu’on puisse rien changer aux souffrances de la victime. C’est atroce.

L’absorption de l’arsenic se fait par la peau et par l’intestin. Il s’accumule dans les cheveux et les ongles, où on peut le retrouver et l’analyser. La méthode d’analyse la plus fine est celle de Marsh. Elle consiste à traiter le matériau suspect par du zinc et de l’acide chlorhydrique. La réaction du zinc sur l’acide produit du gaz hydrogène H2, qui, en présence d’arsenic, est contaminé par un peu de gaz arsine AsH3. On fait passer ce mélange de gaz dans un tube de verre très fin et chauffé par une petite flamme. Le gaz AsH3 se décompose, et il se forme un miroir gris d’arsenic As à l’intérieur du tube de verre. Cette méthode est si sensible qu’elle a permis même de trouver de l’arsenic là où on pense qu’il n’y en a pas, comme dans le tissu de la chaise du procureur.

Aujourd'hui, on utilise surtout l’arsenic dans l’industrie des semi-conducteurs. Les diodes luminescentes des cadrans de montres digitales sont faites en arséniure de gallium. En médecine, on utilise le dérivé de l’arsénobenzène dit salvarsan comme remède contre la syphilis.

Au niveau historique, il vaut la peine de noter que l’un des principaux minerais d’arsenic est l’orpiment As2S3. Et comme ce minerai a une jolie couleur jaune, on l’utilisait jadis en peinture. Au Moyen-Age, on a cru qu’il transformait le cuivre en argent, parce que, si on chauffe un dépôt d’orpiment sur du cuivre, il se forme un alliage brillant Cu-As, qui ressemble à de l’argent. Les alchimistes pensaient qu’avec un peu d’effort, on pourrait le transformer en or !

Modifié le: mardi 6 août 2013, 08:36